Article à propos de Ailleurs Le Siamois, Canard de Phuket, journal francophone de Thailande Le Siamois

Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Vous trouverez dans cette rubrique tout ce qui ne concerne pas spécifiquement Phuket: l'influence que la Thaïlande peuvent avoir sur le reste du monde, les spécificités culturelles d'autres régions de Thaïlande ou d'autres pays du Sud-Est asiatique.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

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De Bangkok à Miami

De Bangkok à Miami J'ai connu Mem il y a 15 ans: elle avait une quarantaine d'années et traînait alors à Phuket avec pour tout bagage un diplôme de masseuse et des connaissances en remèdes traditionnels de médecine chinoise. Voici son histoire.

"Mon ex-mari et moi, nous étions dans les affaires à Bangkok, dans la confection et les tissus. On exportait des vêtements un peu partout et j'avais appris l'anglais parlé (je ne savais alors ni le lire, ni l'écrire): la vie était belle.
Et puis un jour, j'ai appris qu'il avait plusieurs mia noï (maîtresses, épouses secondaires): j'ai demandé le divorce et je me suis juré que je n'aurais plus jamais d'homme dans ma vie."

"Tout appartenait à mon mari: la maison, l'usine, ... Je suis partie avec un peu d'argent mais il fallait que j'apprenne à gagner autrement ma vie. Alors je suis allée au Wat Po pour devenir masseuse."

"Je suis venue à Phuket car c'était touristique mais pas le même genre de tourisme que Pattaya, si vous voyez ce que je veux dire. J'avais aussi une tante qui avait un petit hôtel sur Karon, où je pouvais louer une petite chambre pour pas cher. Je massais sur la plage de Kata mais quand la basse-saison est arrivée, j'avais de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Il y avait déjà beaucoup de masseuses sur Kata-Karon à l'époque. Moi, en plus, je ne faisais que des massages, pas les "extras", puisque j'avais fait la promesse de ne plus jamais avoir de relations avec un homme."

"Alors, une copine m'a demandé de l'aider. Elle était masseuse sur un grand voiler de la Star Clippers, un bateau à passagers, et voulait quitter le bord pour ouvrir son salon de massage à Phuket. Mais la compagnie ne voulait pas la laisser partir sauf si elle trouvait une remplaçante. Comme je parlais anglais, elle pensait que je pourrais faire l'affaire. D'abord, j'ai refusé: seule Thaïlandaise sur un bateau avec des tas de marins et de Farangs, ça me faisait peur. Et puis quitter mon pays, quitter l'Asie puisque le bateau partait vers l'Europe, ca m'effrayait vraiment. Mais ma copine insistait fort et puis la basse-saison promettait d'être dure: je n'avais plus beaucoup de choix alors je suis partie."

"Ca n'a pas été facile: la vie sur un bateau plein de Farangs, pour une Thaïe qui n'a jamais quitté la terre ferme ni son pays, c'est très déroutant. En plus j'avais le mal de mer et le bateau naviguait vers l'Europe... Mais j'ai fini par m'y faire: j'ai été acceptée par l'équipage et surtout par Winfried, l'Hotel Manager, un vieil Allemand vivant à Pattaya qui parlait un peu thaï avec un horrible accent farang. Il sentait bien que j'étais un peu paumée et m'avait prise sous sa protection".

"J'ai fait deux campagnes de 10 mois sur ce bateau. Outre les massages, je faisais la manucure, la pédicure, un peu de coiffure. Parfois j'aidais les gens avec des remèdes traditionnels chinois que je tenais de ma grand-mère. Je gagnais pas mal ma vie, j'ai même pu acheter une maison pour mes parents dans la banlieue de Bangkok. Et puis j'ai reçu un coup de téléphone de Winfried: il avait été engagé comme Hotel Manager sur un paquebot-casino au large de la Floride et me proposait de venir y travailler comme masseuse. Je n'avais plus peur de grand'chose après 20 mois de mer: j'ai accepté."

"J'avais fait deux campagnes entre l'Europe et l'Asie sur le Star Flyer. Sur le casino, c'etait autre chose: on quittait Fort Lauderdale le matin et on revenait tard le soir. Dès qu'on avait quitté les eaux territoriales, le casino ouvrait ses portes. Les passagers d'un jour étaient principalement des familles donc il y avait à bord des zones de jeux pour les enfants et un sauna-massage pour ceux et celles qui ne fréquentaient pas les tables. C'était un paquebot russe sous pavillon Bahamas avec un équipage principalement ukrainien."

"Il y a beaucoup d'Asiatiques aux Etats-Unis, en tout cas il y en a beaucoup en Floride. Et, c'est bien connu, les Asiatiques adorent les jeux d'argent. Alors, pendant que les hommes étaient aux tables de jeu, leurs femmes venaient se faire masser. J'ai donc bientôt eu une grosse clientèle de Chinoises et de Thaïes vivant à Miami et dans ses environs. Elles étaient toutes contentes que je puisse les aider dans leurs petits bobos grâce aux remèdes de ma Grand-Mère et à mes massages. J'étais la seule masseuse asiatique à bord, les autres étaient des Russes."

"Ca aurait pu continuer longtemps mais ça n'a duré que trois ans. Un jour, les deux patrons de la compagnie ont été arrêtés par FBI: détournement de fonds, blanchiment d'argent, fraude fiscale... ils ont pris 150 ans de prison chacun. Or, je n'avais pas de permis de travail ni de permis de séjour pour les Etats-Unis: je n'avais qu'un visa de transit valable 10 jours mais, tant que tout allait bien, cela n'avait pas vraiment d'importance puisque je travaillais et j'habitais sur un bateau battant pavillon Bahamas, qui sortait chaque matin des eaux territoriales pour y revenir le soir. Cependant, quand le bateau a été saisi, je n'ai eu qu'un permis de séjour de 10 jours avant de risquer l'expulsion".

"Que faire? J'ai téléphoné à mes clientes, celles que je massais pendant que leurs maris jouaient au casino. Certains d'entre eux exerçaient dans l'administration, d'autres avaient de hauts postes dans le privé. Je ne sais pas vraiment comment ils s'y sont pris mais ils se sont portés garants de moi et, avec le temps, tous mes problèmes ont été résolus. Ca fait maintenant 5 ans que j'ai ma green card: je peux légalement travailler et résider aux Etats Unis. Mes anciennes clientes du casino viennent toujours me voir dans le salon de massage thaï que j'ai ouvert entre Fort Lauderdale et Miami."

"La vie, c'est une succession de hasards. Où serais-je maintenant si j'avais eu trop peur de partir, si je n'avais pas accepté de rendre service à ma copine? Parfois il faut savoir oser."

Propos recueillis par P.v.K

17-06-2013

 

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