Article Aucun Le Siamois, Canard de Phuket, journal francophone de Thailande Le Siamois

Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Le Siamois, Canard de Phuket, est ouvert à tous ceux et toutes celles qui ont une expérience à partager: touriste, expatrié, coureur d'aventures, pilier de comptoir, femme d'affaire, planteur, plongeur et j'en oublie: tous ces récits, positifs ou non, contribueront à vous donner une idée de la manière dont la vie suit son cours par ici.

Que vous vous intéressiez plus particulièrement à une zone de Phuket - Patong, Kata, Karon, Chalong, Rawai, Nai Harn, Thalang, Cherng Talay, Kamala, Surin, Bang Tao, Nay Yang, Kalim, Ao Makham ou Phuket City - des informations sur ces communautés sont évoquées au fil des différents articles qui nous parviennent: vie de tous les jours, marchés, plongée, femmes, aventures, affaires, bons plans, adresses utiles, carte de l'île, liens vers d'autres sites, restaurants, hôtels, bars, Immigration, Police, Consulats et Ambassades, petites annonces, fêtes, histoire, courrier des lecteurs... Ces différentes rubriques vous offrent les informations en français qui vous permettront peut-être de bien débuter votre nouvelle vie ou préparer vos prochaines vacances dans le paradis tropical de Phuket, bercé par les vagues de la Mer d'Andaman.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

Société

Dernière demeure en Thaïlande

Dernière demeure en Thaïlande En ce deux novembre, jour de la fête des morts en Europe, dont la tradition remonte au IX siècle, voici un témoignage de la façon dont les funérailles sont organisées au Pays du Sourire.
P.v.K.



On m’appelle Thai. J’ai trente deux ans, je suis mariée avec un farang et je vis en France depuis 6 ans. Aujourd’hui je rentre en Thaïlande, je reviens dans mon Isan natal pour accompagner mon père dans son dernier grand voyage.

Ma famille m’attend depuis quatre jours. Dans mon sommeil là-bas de l’autre côté, au pays farang, j’ai entendu dans un rêve les trois coups de pétard qui ont annoncé la mort de mon père aux familles du village. Le proban a été prévenu, le médecin a constaté le décès. Ma mère et mes huit frères et soeurs protègent mon père des esprits malveillants, en priant. Il repose dans la maison familiale: un moine a préparé son corps, l’a lavé; on a bouché tous ses orifices avec de la cire. On l’a habillé, tous ses vêtements lui ont été passés à l’envers. Il est dans son cercueil, le coussin sur lequel repose sa tête est à l’envers aussi. Un moine lui a mis une pièce dans la bouche pour qu’il l’emmène avec lui. On a aussi mis tous ses objets familiers et favoris pour l’accompagner. Autour du cercueil, des bougies ont été allumées, elles le protègeront des mauvais esprits. Les flammes ne doivent jamais s’éteindre, nous surveillons.
Ses mains font un dernier Wai, elles tiennent une fleur et une bougie, elles sont attachées par ce fil de coton blanc qui le retient encore dans notre monde. Nous sommes une famille humble et nous ferons une cérémonie en harmonie avec notre rang.

Nous avons loué les installations pour recevoir tous les visiteurs : un chapiteau a été érigé et de nombreuses tables et chaises disposées. Ils viendront tous, suivant un rite établi : une fleur et un bâton d’encens à la main, ils porteront un objet pointu, souvent un couteau, pour protéger le mort des esprits malveillants. Ils apporteront en offrande du riz, un coussin ou une natte et une enveloppe. Nous offrons nourritures et boissons aux visiteurs. Des joueurs de cartes se sont installés sous la toile, les parties se succèdent sans arrêt, pour maintenir leur vigilance et tromper leur ennui car ils surveillent les flammes des bougies pour qu’elles ne s’éteignent pas. Nous sommes affairés à recevoir le monde. Nous devons prier un nombre de jours impair, trois, cinq, sept jours ou plus. La famille a attendu mon retour de France, nous prierons cinq jours. Les moines aussi sont là, qui veillent trois par trois le corps du défunt. Un fil de coton blanc entoure le cercueil et relie les mains des moines en prière.

Arrive le jour de l’incinération

Il faut savoir que chez nous tous les morts ne peuvent être incinérés. Par exemple les femmes enceintes, les nourrissons ou les victimes de mort violente sont enterrés dans la forêt, près du village. Le jour du grand départ, nous invitons 9 moines pour la cérémonie, toujours un nombre impair. Dans un ordre précis chacun va laver la main du défunt avec de l’eau de noix de coco. D’abord le moine supérieur, puis l’épouse, les enfants et ensuite les proches. Certains touchent une dernière fois le corps ou tapent sur le cercueil pour dire au revoir. Chaque enfant a déposé une pièce de monnaie sur le corps du père avant le transport au crématorium. Durant toute cette cérémonie aucune larme ne doit être versée près de mon père, les larmes feraient comme une rivière qui l'inquièterait et bloquerait son chemin pour le paradis. Le cercueil est fermé. Accompagné des moines et des proches, il fait trois fois le tour du four. Les fils de coton sont coupés et conservés par les moines. La crémation a lieu. Nous sommes tous là.

Les moines refroidiront les cendres avec de l’eau consacrée pendant trois jours. Ils ne cessent de prier. Puis nous nous retrouvons tous, la famille, les proches. Les cendres sont sorties du four dans un tiroir sous le foyer. Le moine supérieur récupère la pièce qui était dans la bouche de mon père, il désigne ainsi la tête. Il met la pièce dans un chiffon blanc entouré du fil de coton, puis dans une feuille de bananier. A tour de rôle et par ordre d’âge, chacun va participer à la reconstruction du corps en désignant les mains, les pieds, etc. Les moines ne cessent leurs prières. Les enfants recherchent les pièces qu’ils ont déposées. Ma jeune sœur a été la première à trouver la sienne, les autres ont suivi. Trois quarts d’heure après, moi je cherchais encore... C’est ma cousine qui m’a soufflé : “Elle est là, regarde!”. Cela voulait dire que mon père ne s’inquiétait pas du tout de moi, mais qu’en revanche son affection, son attachement, ses préoccupations allaient à ma jeune sœur.

Les cendres de mon père sont finalement déposées dans un got en forme de stupa, près du temple. Voilà, mon père est en route pour le paradis Sawan. Nous lui donnerons le temps de trouver sa place, de chercher les bons chemins, nous pouvons encore parler de lui, l’appeler pour l’aider dans son errance là-haut et pour qu’il nous aide ici-bas. Il doit trouver la place pour sa nouvelle maison, puis nous ferons la dernière cérémonie pour l’installer.

Dernière demeure

La famille est nombreuse, humble, active et ses membres dispersés. Nous avons décidé de nous retrouver dans trois ans. Un enfant de la famille entrera au temple au moins 3 jours, comme moine, pour accompagner l’âme du défunt. Mes frères construiront une maison de bois. Ce sera la nouvelle maison de mon père. Il faudra l’aménager, y mettre tous les objets dont il pourrait avoir besoin là-haut : du linge, des lunettes, de la vaisselle, de quoi se laver, se soigner, se nourrir, se reposer. Nous louerons à nouveau les installations pour recevoir les gens du village, ils apporteront des coussins
et des objets. Le deuxième jour nous organiserons un spectacle avec des musiciens, des danseuses ou peut-être un film. Un fil reliera la nouvelle maison de mon père à l’ancienne, où les moines prieront pendant trois jours. Puis, accompagnés de musiciens, nous promènerons la maison dans le village. Les gens du village communiqueront une dernière fois avec mon père en criant lors du passage de sa nouvelle maison. Nous amènerons la maison jusqu’au temple, la procession fera trois fois le tour du lieu sacré. Les moines distribueront les objets et garderont la maison, peut-être servira-t-elle a une famille qui aura moins de moyen que nous, mais jamais ils n’enlèveront le nom de mon père que mes frères ont gravé sur le fronton. A ce moment-là nous saurons tous qu’il est en paix là-haut et qu’il a trouvé sa place. Nous ne parlerons plus jamais de lui de la même façon. Le deuil est fait, le silence est de mise.


Thai Pornsri pour Le Paris Phuket - Photos: P.v.K.

23-06-2013

 

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