Article à propos de Phuket City Le Siamois, Canard de Phuket, journal francophone de Thailande Le Siamois

Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Cette rubrique est plutôt destinée à ceux et celles qui s'intéressent à Phuket-Ville ou Phuket-City, comme on dit en anglais (en thaï, on continue a employer l'ancien nom: Phuket-Town): vie de tous les jours, marchés, plongée, femmes, aventures, affaires, bons plans, adresses utiles, restaurants, hôtels, bars, Immigration, Police, Consulats, petites annonces, fêtes, histoire, courrier des lecteurs...

Que vous soyez touriste ou expatrié, ces informations en français vous permettront peut-être de bien débuter votre nouvelle vie ou de préparer vos prochaines vacances dans le paradis tropical de Phuket, bercé par les vagues de la Mer d'Andaman.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

Phuket City

L'autre visage de l'Immigration

L Après une vie de pilote de chasse puis de pilote de bombardier à la Royal Air Force, puis de pilote de ligne sur 747 pour plusieurs compagnies, Keith s'offre pour sa retraite le sloop à bord duquel il fera le tour du monde. Mais voici que Yoko, son épouse, attend un enfant. Après l'accouchement et une tentative de navigation en famille, il faut bien se rendre à l'évidence: faire le tour du monde en couple avec un bébé de quelques mois n'est pas facile à vivre. Keith sera seul à bord pour rejoindre Phuket où il retrouvera sa femme et son bébé qui ont quitté le bateau aux Iles Andaman. C'était il y a six ans.

Keith, Yoko et Keir (leur fils) s'installent alors à Phuket. Après quelques mois à faire un peu de charter et des ronds dans l'eau, Keith vend son bateau et se retrouve inactif. Mais Phuket est une île agréable, facile à vivre. Ce qui n'était au départ qu'une escale prolongée devient peu à peu le lieu d'un plus long séjour. Cependant, puisque leurs revenus sont suffisants et qu'ils n'ont pas besoin de tracas, Yoko et Keith se tiennent loin des investissements divers intéressant d'ordinaire les Farangs: l'immobilier, les hôtels, les bars-restaurants. Il n'est pas question pour eux de s'investir là-dedans. Néanmoins, sans autre occupation que de vivre en famille et voir grandir son fils, Keith tourne en rond.

C'est en allant renouveler son avis trimestriel de résidence à l'Immigration de Phuket-Ville que Keith rencontre un de ses amis qui y travaille et lui propose de joindre le corps des Volontaires Etrangers de l'Immigration. C'est dans le cadre de ses fonctions que j'ai fait sa connaissance.

"J'exagérerais en disant que je suis entré dans le Corps pour échapper aux bars", m'explique Keith. "Disons qu'il me fallait une activité utile pour me sentir utile. C'est très valorisant d'aider les gens, surtout quand c'est de manière totalement bénévole".

"Tout comme nos collègues Volontaires de la Tourist Police, nous ne sommes pas rémunérés, ne bénéficions d'aucun avantage et devons payer nos uniformes de notre poche. En fait, ça nous coûte du temps et de l'argent. C'est donc uniquement dans le but de rendre service que nous effectuons nos prestations".

"Les lois thaïlandaises sur l'immigration, et leur application relèvent parfois du casse-tête pour ceux qui ne sont pas habitués aux procédures qui, en plus, changent fréquemment. Notre boulot, c'est de faciliter la liaison entre l'étranger souvent un peu perdu qui se présente pour la première fois, et l'officier thaï qui examinera son cas. Notre intermédiaire est d'autant plus nécessaire si l'étranger ne parle pas anglais mais que l'un d'entre nous parle sa langue. En ce qui me concerne, bien qu'Anglais je parle aussi français quoiqu'à un niveau scolaire et avec un accent à couper à la hache. Il y a donc de fortes chances qu'un de vos lecteurs s'addresse un jour à moi pour régler l'un ou l'autre problème".

"Notre travail est surtout bureaucratique. Nous sommes là pour aider les gens à remplir les documents nécessaires, pour fournir les renseignements afin d'obtenir tel ou tel visa, tel ou tel permis de séjour. Nous sommes là pour rendre les choses plus faciles. Et c'est un service gratuit".

"Il nous arrive aussi parfois d'apporter un soutien moral à un touriste ou un expatrié emprisonné dans nos locaux dans l'attente de son expulsion. Ce n'est pas la partie la plus agréable de notre boulot. Il faut savoir que la population de nos cellules est composée en grande majorité d'illégaux birmans. Parfois, un Farang incarcéré là-dedans trop longtemps risque de craquer. Il a besoin de parler sa langue, de donner de ses nouvelles à sa famille, voire de fumer une cigarette. Dans la mesure du possible, nous essayons de l'aider".

"C'est pour éviter ce genre de situation, parfois dramatique, où un étranger est emprisonné puis expulsé pour avoir contrevenu aux lois sur l'immigration, que nous sommes là. Nous leur expliquons quelles sont les conditions à satisfaire et nous les aidons à remplir les documents. Mieux vaut prévenir que guérir, dit l'adage. Néanmoins, en cas de problème, nous devons également expliquer au contrevenant l'erreur qu'il ou elle a commise et quelle sera la pénalité éventuelle. Ce n'est pas un boulot facile mais c'est un défi quotidien: quand quelqu'un s'assied en face de moi, je me demande à chaque fois s'il me sera possible de l'aider efficacement".

"Je me souviens d'un cas récent: une Philippine dont le mari, également philippin, avait un permis de travail comme musicien dans un hôtel de Phuket. Tous les trois mois, elle faisait l'aller-retour avec les Philippines où elle demandait un visa "Touriste" pour rejoindre son mari. Quand je lui ai expliqué qu'il lui suffisait de présenter les preuves de son mariage pour pouvoir rester ici à l'année sur base des permis de séjour et de travail accordés à son mari, c'est tout juste si elle ne s'est pas mise à pleurer de joie. Quand un truc comme ça m'arrive, ça éclaire ma journée. J'arrange les choses, je rends les gens un peu plus heureux si je peux. Et du coup ça me rend heureux aussi".

"Généralement. l'entente est bonne avec les officiers thaïlandais. Le plus difficile, et c'est pour cela que nous sommes nécessaires, c'est d'arriver à surmonter le mur des cultures. C'est d'ailleurs moi qui suis l'officier de liaison entre le Corps et les officiers thaïlandais. Le Farang qui vient ici a sa propre manière de penser, telle qu'elle lui a été inculquée dès son plus jeune âge. C'est également le cas de l'officier thaïlandais qui traitera son dossier. Mais ces deux manières de penser sont différentes. En supposant même que les deux interlocuteurs parlent parfaitement la même langue. il reste néanmoins cet obstacle culturel qui peut parfois provoquer certains énervements, voire une perte de "face". C'est pour éviter ce genre de situation où tout le monde a tout à perdre que nous sommes là. Nous arrondissons les angles. Et, je le répète, nos services sont gratuits".

"A ce sujet, pour les Farangs fraîchement arrivés ou pour les plus anciens désireux d'obtenir des informations relatives à un séjour de longue durée dans le Royaume: c'est ici que vous obtiendrez les meilleures informations concernant votre cas. Si nous ne sommes pas sûrs de la réponse à donner à votre question, tous les règlements et les dernières directives sont en nos bureaux, que nous consulterons avec l'aide de nos collègues thaïlandais. Notre patron, le Police Colonel Panuwat Ruamrak (que nous surnommons affectueusement entre nous "Colonel Joe" mais il ne faut le répéter à personne) est le premier à nous donner un coup de main pour trouver une solution lorsque certains cas semblent problématiques.
Alors, plutôt que d'obtenir des informations incomplètes ou obsolètes en offrant des bières à un pilier de comptoir expatrié de longue date, plutôt que de payer des honoraires excessifs à de soi-disant avocats qui vous promettront d'arranger vos affaires, je vous conseille plutôt d'aller au plus simple et au moins cher: venez nous voir, quitte à vérifier et comparer ces informations par la suite auprès de vos connaissances".

"Si vous aussi, vous avez envie d'aider des gens à s'installer en Thaïlande, si vous êtes prêts à passer deux jours chaque semaine à résoudre au cas par cas les petits problèmes de tous ceux qui viendront vous voir, nous avons besoin de renforts. Après une interview avec deux d'entre nous, l'examen de votre passeport par notre patron, l'accord de Bangkok et de votre ambassade, vous apprendrez les lois de l'Immigration thaïlandaise et travaillerez en duo avec un "chaperon" pendant 12 jours (à raison de 2 jours par semaine). Ensuite, à l'issue d'un examen pas trop difficile, vous serez lâché en solo. Pour l'instant, nous avons besoin de volontaires parlant français, italien, polonais ou russe (en plus de l'anglais)".

"Vous ne gagnerez pas d'argent, vous n'aurez aucun avantage matériel. Ca vous prendra du temps, ça vous prendra parfois la tête... mais il vous arrivera de temps en temps de rendre quelqu'un heureux. Et cela, croyez-moi, cela vaut tout l'or du monde".

Propos recueillis par P.v.K.

19-06-2013

 

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