Article Aucun Le Siamois, Canard de Phuket, journal francophone de Thailande Le Siamois

Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Le Siamois, Canard de Phuket, est ouvert à tous ceux et toutes celles qui ont une expérience à partager: touriste, expatrié, coureur d'aventures, pilier de comptoir, femme d'affaire, planteur, plongeur et j'en oublie: tous ces récits, positifs ou non, contribueront à vous donner une idée de la manière dont la vie suit son cours par ici.

Que vous vous intéressiez plus particulièrement à une zone de Phuket - Patong, Kata, Karon, Chalong, Rawai, Nai Harn, Thalang, Cherng Talay, Kamala, Surin, Bang Tao, Nay Yang, Kalim, Ao Makham ou Phuket City - des informations sur ces communautés sont évoquées au fil des différents articles qui nous parviennent: vie de tous les jours, marchés, plongée, femmes, aventures, affaires, bons plans, adresses utiles, carte de l'île, liens vers d'autres sites, restaurants, hôtels, bars, Immigration, Police, Consulats et Ambassades, petites annonces, fêtes, histoire, courrier des lecteurs... Ces différentes rubriques vous offrent les informations en français qui vous permettront peut-être de bien débuter votre nouvelle vie ou préparer vos prochaines vacances dans le paradis tropical de Phuket, bercé par les vagues de la Mer d'Andaman.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

Sorties

La Tournée des Grands-Ducs

La Tournée des Grands-Ducs Les karaokés

"Sam Toum", neuf heures du soir: comme dans toutes les villes de Thaïlande, les karaokés se signalent par les guirlandes d'ampoules multicolores sur la façade et au-dessus de la porte, à ne pas confondre avec les maisons des esprits qui ont elles aussi ces guirlandes lumineuses. Dans la nuit, peu de chance de se tromper: à mesure que l'on s'approche, ce que l'on croyait être loin n'était en fait que petit.


Regroupés à la sortie des villes ou près des ports: à Phuket on y accède depuis la gare des bus: la rue de Phang-Nga jusqu'à la station essence, à droite puis tout de suite à gauche, la route qui mène au port de pêche et aux embarcadères pour Ko Yao et Ko Phi-Phi. Il y a là une bonne trentaine de karaokés le long du canal, dans ce quartier avant Ko Siréh, qui s'appelle Kéha.

Deux sortes de karaokés se distinguent tout d'abord: ceux, vides, où les serveuses sont dehors et ceux où elles sont à l'intérieur avec des clients, par exemple, voyant le nombre de mobylettes garées devant et le boucan allumé des chansons massacrées à l'intérieur, où ce n'est pas à vous de mettre l'ambiance puisqu'elle y est déjà.

Allons direct aux pires endroits; on continue tout droit après le croisement des embarcadères. A gauche, les seuls H.L.M. de la ville de l'autre côté du canal. C'est juste après, un petit pont enjambe le canal à l'entrée et une ruelle à l'autre bout, une ruelle entière de karaokés des deux côtés: une petite épicerie, les vendeurs ambulants de brochettes, de fruits, de calmar séché (à déconseiller, tout comme croquer des gousses d'ail comme si c'était des cacahuettes). On peut faire la ruelle aller-retour trois fois avant d'en choisir un suivant les raisons de son choix.

Ici, pas de "Hello, sit down sexyman" comme à Patong que je ne citerai pas: nous sommes loin des sentiers des Farangs battus. La clientèle et vos futurs compagnons de beuveries sont les pêcheurs du port d'à côté, thaïs, malais et birmans.

Ca ressemble à un coupe-gorge, en fait pas du tout. Même après l'heure et 6 grandes bières, personne ne cherche à faire des histoires et est tout prêt à sympathiser en levant son verre. On s'assoit soit sur des chaises soit dans des fauteuils profonds suivant les endroits; les serveuses demandent "Deum aray dii" - boire quoi de bien? - on commande. Une vient s'asseoir à côté de vous, une ou deux en face; et vous, vous voulez boire quoi les filles?

Ceux qui sont venus avec préméditation ont collectionné les pièces de 5 Bahts; les autres donneront un petit billet en disant "Beng" - faire la monnaie. Vous voulez chanter? Geste du micro imaginaire que l'on approche de la bouche: attention ce geste peut être mal interprété. Ceux qui savent lire consulteront le menu ou la machine directement.
Ceux qui ne savent ni lire ni chanter en thaï pourront soit suivre la phonétique anglaise sous les paroles des chansons modernes - franche hilarité car cette phonétique approximative ne signale pas les tons de la langue thaïe et donne un accent anglais des plus comiques -, soit laisser choisir et chanter les serveuses elles-mêmes, qui chantent toutes plus ou moins faux sinon elles seraient chanteuses, ce qui est aussi un métier ici.

Si vous n'aimez pas les glaçons à ras-bord avec la bière, dites "May Say Nam Keng" ( pas mettre eau dure); si des vendeurs ambulants agitent leur clochette, donnez un petit billet aux serveuses: elles ne sont pas payées du tout, elles viennent là après leur travail normal pour être entre copines, boire et chanter; elles ont juste un pourcentage sur les boissons. Certains karaokés proposent même de quoi grignoter à l'intérieur: yam woun sen ou assiette de fruits (des ananas et de la papaye en petits bouts).

La conversation est limitée, elles ne parlent pas du tout anglais: de quel pays viens-tu? depuis combien de temps es-tu en Thaïlande?, as-tu une petite amie ou pas encore (yang, pas encore)? de quelle province vient-elle? combien a-t-elle d'enfants? quel est son numéro de téléphone? sa grand-mère est-elle à l'hôpital? joue-t-elle aux cartes ou à la loterie? aime-t-elle les colliers et les bracelets en or? serait-elle prête à prendre des cours de français? de belge? de suisse? fait-elle de la boxe thaïe? y a-t-il une chambre derrière?... Pourquoi tes parents t'ont-ils appelée "Crevette"?
Si vous parlez avec les gestes, il faut que vos gestes correspondent le plus possible avec ce que vous voulez dire: si une seule comprend, elle traduira aux autres.

Les chansons d'amour thaïes se ressemblent beaucoup de l'une à l'autre et les mêmes mots, les mêmes phrases reviennent de couplet en refrain: on était deux, "chan" et "teu" - moi et toi (même les garçons disent "Chan" pour "moi" dans les chansons d'amour) - et puis il y a eu "Khao" - "lui" ou "elle" au choix - plus beau, plus jeune et à tous les coups plus riche, et voilà, où sont tes belles promesses? tu m'aimeras toujours tout ça?
A savoir en thaï, amour "Kwamrak" ne rime jamais avec toujours "Sameu".
Il y a en plus deux toujours, celui qui s'en va "Sameu Pay", et le toujours qui arrive "Sameu Maa".

Si vous n'aimez pas les travestis, sachez les reconnaître avant qu'il ne soit trop tard et qu'on ne puisse plus reculer. Quelques indices où la méfiance est permise:
. La pomme d'Adam: c'est d'ailleurs le geste que les sourds-muets utilisent pour les désigner sauf en cas de femme-girafe ou si elle porte un pull à col roulé (rarissime).
. Si elle ressemble à une fille.
. Si elle a la voix de Donald le canard
. Si elle regarde le foot sur son portable
. Si c'est vous qui êtes sur ses genoux à elle
. Si elle a des cheveux noirs
. Si elle chausse du 48, qu'elle a les sourcils touffus en broussaille et qu'elle vous dépasse d'une tête.
. Si elle fait pipi debout et qu'elle ronfle.
. Si elle allume une cigarette après et qu'elle demande: "Alors? Heureuse?"

Etudiants en langue zorientale, sachez que bien plus vite qu'à l'Ecole, et même parfois moins cher - 5 bahts les 3 minutes - on apprend très très vite le thaï, l'issane et le lao, le birman, le malais dans les karaokés de Phuket.
Il faut déjà connaître les bases bien sûr, mais rien qu'en essayant de déchiffrer à toute vitesse les paroles de la chanson, trois mois suffisent, deux heures par jour, pour prendre le micro et massacrer "Somsane" et "Tchay sang Maa" de Sek-Loso.
En les choisissant soi-même sur le menu, applaudissements des deux sexes dès la première phrase chantée sur le bon ton.

On va changer d'endroit et recommander les mêmes chansons.

Retour par la même route qui longe le canal, au bout à gauche on tombe sur le Rond Point des Hippocampes, "wong wiane maa naam", à 5 minutes à pied du marché de nuit et du Robinsone.
Il y a là aussi une bonne adresse d'une série de karaokés épatants et côte à côte: pratique quand on connaît la chanson qui passe à côté. Ca braille là dedans jusqu'à 1 heure du matin; même après, on peut se laisser enfermer, y a plus de musique mais on peut encore boire, la lumière tamisée sur le bon ou le mauvais numéro.




Les Nakrong


Les chanteuses: celles qui chantent juste et qui connaissent les paroles par coeur. Le gagnant d'un récent concours avait chanté 480 chansons à la suite sur plus de 24 heures. "J'ai fait cela pour être connu", a-t-il confié sans dire son nom.

Tout aussi populaire et bon-enfant, il y a les établissements où une bonne trentaine de chanteuses défilent sur la scène sur une musique pré-enregistrée: pas plus de 2 ou 3 chansons chacune, costume à paillettes, chaussures à talons. On rend hommage à leur talent, leur beauté, en leur offrant des colliers de fleurs en plastique appelés "pouang malay" à 200, 500 Bahts voire plus. Elles ont 50% là-dessus l'autre moitié étant pour l'établissement; elles ont aussi un petit salaire fixe, 7.000, 8.000 Bahts? et touchent sur les boissons.


On peut demander à accrocher soi-même le collier au cou de la chanteuse qui fera le waï de remerciement.
Quand elle a fini de chanter, elle rejoint votre (notre) table. On lui offre à boire mais pas d'alcool. La conversation s'engage: quel est ton métier ici petite soeur?
- Chanteuse
Geste du micro imaginaire qui vient devant la bouche.
L'habitué choisira soit une table éclairée devant la scène, soit une alcôve plus intime propice aux serments, aux déclarations, aux promesses, aux mensonges aussi.

Plusieurs fois dans la soirée il y a le "Medley": toutes les chanteuses montent sur scène sur la musique de "Bo Rak Si Dam", en trois ou quatre lignes. Elles se mettent devant à tour de rôle en levant les bras comme dans un ballet: toujours une qui pouffe ou qui éclate de rire. C'est le moment à nouveau de lui payer un collier de fleurs, sinon elle perd la face.
Nouveau waï de remerciement si elle revient à votre table.

Les trois chanteuses qui sont venues s'asseoir avec nous paraissent plus petites assises que debout.
Une qui a la coiffure à Mireille Mathieu et que nous appelons Mireille, une qui de loin semblait ne pas avoir de nez et que nous appelons "saomeuanemaymitchamouk" ce qui veut dire "celle qui semble ne pas avoir de nez" mais comme c'est trop long nous l'appelons Nong et une qui s'appelle "O", une variété d'osier dont on fait les balais.

Nous avons emmené 2 bouteilles de 100 Pipers de l'extérieur, ce qui est permis. On commande le reste, les glaçons, les sodas, les assiettes de fruits, cacahuettes bouillies et oeufs de caille; les autres filles passent se tremper les lèvres et se rincer la gorge, une qui voulait qu'on lui offre un billet de loterie, la marchande de colliers de jasmin, on se croirait à l'anniversaire de Vanessa Paradis.

Quand Nong a proposé à mon ami de devenir sa seconde épouse, il lui a parlé de son tas de lessive énorme qui l'attendrait et qu'il allait scier les pieds de l'évier pour qu'elle puisse faire la vaisselle; depuis, elle réfléchit.

Contrairement à ce qu'elles doivent raconter, la plupart ont déjà un petit ami qui va venir les chercher à la sortie tout à l'heure. Par exemple, certaines sont les secondes épouses d'un homme marié assez riche et généreux pour payer le loyer de la chambre ou une mobylette. Des fois ils ne sont pas trop de deux ou trois pour qu'elles aient assez.
Moi si j'épousais une chanteuse, il faudrait qu'elle continue à chanter tous les soirs à la maison avec le maillot de bain à paillettes et les guirlandes de fleurs.

Il y avait deux jumelles habillées pareil: elles avaient 5 enfants à elles deux, sans mari. Si j'avais eu un frère jumeau ou siamois, j'aurais pu en faire mes épouses principales...
Une qui raconte, en rigolant, qu'elle avait perdu une partie de sa famille avec le tsunami, dont son ex-boy-friend qu'ele n'a jamais revu. Très drôle.
Mireille me passe un petit mot "Maa Rak Chan Bang" - viens m'aimer de temps en temps - mais elle est déjà trop saoule pour tenir assise sur la mobylette.

Attention de ne pas tomber amoureux: on peut obtenir leur numéro de téléphone assez facilement voire leur donner le vôtre, mais c'est moins prudent surtout si vous avez donné votre vrai nom. Il n'est pas rare que la belle princesse du conte de fée se transforme très vite en très belle sorcière. Comme toutes les greluches elles ont tendance à devenir jalouses ou pire: amoureuses.

Nous sortons de là à la longue, la baguette de pain sous le bras. Deux heures du matin, les "grands frères" viennent chercher les "petites soeurs". Certaines rentrent à 3 sur la moto, sans casque; d'autres prennent un moto-taxi "Rap Tchang"; le marchand de soupe est encore ouvert sur le trottoir d'en face, tout comme le marché de nuit.

Et alors, elle finit où la tournée des Grands-Ducs hors des ruelles des Farangs battus?
A la soï Sipette!
C'est allumé jusqu'à l'aube et la bière est au prix de l'épicerie.

Textes et dessins de Bobol

17-06-2013

 

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