Article à propos de Chalong Le Siamois, Canard de Phuket, journal francophone de Thailande Le Siamois

Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Dans cette rubrique, vous trouverez des informations en français concernant la zone de Chalong: vie de tous les jours, marchés, plongée, femmes, aventures, affaires, bons plans, adresses utiles, restaurants, hôtels, bars, Immigration, Police, petites annonces, fêtes, histoire, courrier des lecteurs... Ces différentes rubriques vous offrent les informations en français qui vous permettront peut-être de bien débuter votre nouvelle vie ou de planifier vos vacances dans le paradis tropical de Phuket, bercé par les vagues de la Mer d'Andaman.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

Chalong

Les anges gardiens de Chalong

Les anges gardiens de Chalong En cas de catastrophe, d’accident ou de maladie, ils sont là pour intervenir et aider leur prochain, sans distinction de race, de religion, de fortune ou de classe sociale : ce sont les secouristes.

















Phuket, perle d'Andaman et paradis du Sud du royaume attire tous les jours de plus en plus de personnes: touristes et nouveaux résidents, Thaïlandais et étrangers. La congestion de la population de la ville impacte le logement et le nombre croissant de véhicules sur les routes entraîne de plus en plus de problèmes de circulation et d’accidents, sans parler des catastrophes naturelles, par nature imprévisibles. Autant de raisons d’entendre chaque jour plus nombreuses les sirènes d’ambulances qui résonnent sur l’île.



Khun «Bird» Vitaya Tantawanit , 41 ans, chef du Phuket Tourist Rescue Center, nous explique la difficulté des tâches de ces secours et pourquoi il a choisi ce travail.

“Je travaille pour les secours depuis 30 ans, dont 8 ans pour le Phuket Tourist Rescue Center. Ma première expérience remonte à l’âge de 9 ans. La maison où j’habitais se trouvait près de la fondation Kusoldharmphuket, une association caritative à Phuket Town. Lorsqu’un accident se produisait, je demandais à accompagner les secours et on me rétribuait avec un bol de soupe de nouilles. J’ai continué à travailler pour eux comme bénévole jusqu’à l’âge de 10 ans puis pour un salaire de 515 bahts par mois. A 15 ans, on m’a augmenté à 1000 bahts. J’étais très fier de ce salaire et très excité de l’annoncer à ma mère. Aider cette fondation pendant des années a sculpté mon cœur avec cette fierté de pouvoir sauver des vies humaines.”


Quelles sont les responsabilités ou les champs d’action du Phuket Tourist Rescue Center et de quels moyens disposez-vous? De qui dépendez-vous?

"Le Phuket Tourist Rescue Center est le premier centre de secours de Phuket et dépend directement de l'OrBorJor (Administration de la Province de Phuket), sous la tutelle du ministère du Tourisme et des Sports. Sa fonction principale est d’aider les touristes et la population en général en cas d’accidents de terre et de mer, sans aucun frais. Nous couvrons les zones de Rawai, Chalong, Kata, Karon et en mer jusqu’à cinq miles nautiques dans les provinces de Krabi et Phang Nga. Nous avons 25 employés salariés du gouvernement. Nous possédons, quatre ambulances, plus une voiture de désincarcération, 2 speed boats et 2 minivans. Nous travaillons 24h/24.”


Quelles sont les compétences et aptitudes des employés du Centre?

“Ils doivent avoir conduit une ambulance ou un bateau pendant au moins 5 années, puis ils doivent passer les diplômes de FR (Fire Rescue), EMTB (Emergency Medical Technical Basics) de technicien médical d'urgence de base (110 heures de pratique sont requises), de lutte contre l’incendie... Enfin il doivent savoir utiliser la radio et suivre un entraînement d’une semaine de sauveteur en mer.”


Travaillez-vous en collaboration avec d’autres départements ou d’autres fondations?

“Notre unité peut travailler avec n’importe quel département ou fondation sur demande. Et nous faisons appel à eux en cas de manque d’effectifs.”


Décrivez-nous votre travail

“Nous travaillons en équipe de 3 personnes. Dans une équipe, il y en a au moins un qui possède son EMTB. Notre travail est basé essentiellement sur les premiers soins.”


En cas de catastrophe naturelle, comme tsunami, tremblement de terre, inondations… qui informe le Centre et qu’êtes-vous censés faire en premier lieu?

“Nous recevons les informations par le Centre météorologique de Bangkok ou par nos volontaires sur le terrain ou tout simplement par la population. De là, nous devons diffuser l’information et informer les différentes autorités concernées.”


Quel est votre salaire?

“Le salaire de base est d’environ 7000 à 8000 bahts auxquels viennent s’ajouter des indemnités, ce qui peut faire un salaire jusqu’à 20 000 bahts.”


Etes-vous assurés?

“Normalement nous avons juste la sécurité sociale au même titre que n’importe quel employé. Les véhicules ne sont pas assurés et en cas d’accident nous devons payer les réparations nous-mêmes.”


Si vous aviez un seul vœu à formuler?

“Je voudrais juste recevoir 25 polos blancs pour mon équipe pour changer les tee-shirts actuels. Mais nous n’avons pas de budget. “


Quels sont les cas les plus fréquents sur lesquels vous ayez à intervenir?

“Les accidents de la route et les gens malades à leur domicile.”


L’histoire la plus triste que vous ayez vécue dans votre travail?

“Normalement tous les cas sont douloureux. Cependant il est vrai que c’est plus touchant et problématique quand il s’agit d’enfants car ils ne peuvent s’exprimer pour nous expliquer comment c’est arrivé ou quel genre de douleur ils ressentent. Mais les expériences les plus tristes sont lorsque nous ne réussissons pas à sauver une personne sur le lieu d’un accident.”


Vous est-il arrivé d’aider la communauté des gitans de la mer de Rawai?

“Ils nous connaissent bien car ils font appel à nous pour un tout et pour un rien. Il nous arrive d’accoucher leurs bébés sur place et d’autres histoires plus drôles. Comme par exemple, l’un d’eux nous appelle un jour prétextant qu’il devait se rendre au Vachira Hospital mais qu’il n’était pas en état de se déplacer. A notre arrivée, nous avons constaté qu’il se portait à merveille: il avait une consultation avec un docteur de l’hôpital mais était trop feignant pour prendre le bus. Comme le service du Centre d’assistance est gratuit... De toutes façons, une fois sur place notre tâche était de l’aider quoi qu’il en soit, cependant au détriment d’un autre cas plus urgent qui arriverait en même temps que celui-là.”


A quel hôpital amenez-vous les victimes?

“Pour les personnes blessées, c’est très important car leur survie dépend de notre décision.
1 Si la personne sait qui elle est et peut s’exprimer, nous lui demandons si elle a une assurance et à quel hôpital elle veut qu’on la conduise.
2 Si la personne blessée n’est pas en mesure de s’exprimer, mais qu’elle est entourée de proches ou de famille, nous leur posons les mêmes questions.
3 Si la personne n’est pas en mesure de s’exprimer et qu’il n’y a aucun de ses proches, nous la conduisons à l’hôpital le plus proche.”


Que pensez-vous des cas de sommes d’argent volées sur les victimes?

“Avant que nous arrivions sur les lieux, nous recevons l’appel de témoins. Nous ne sommes pas les premiers sur les lieux, la population est souvent groupée autour du lieu de l’accident bien avant nous…”


Que pensez-vous de la guerre entre fondations à Bangkok pour la chasse aux cadavres?

“C’est un problème de prestige lié aux différentes couleurs des fondations. C’est le même cas que les étudiants en polytechniques qui se battent car ils appartiennent à différentes institutions et qu’ils ont des uniformes de couleurs différentes.”


Est-ce que ce genre de choses arrive à Phuket?

“Dans le passé, ça arrivait mais pas aussi brutalement qu’à Bangkok. Nous avons mis en place un système de zones pour éviter le problème.”


Que pensez-vous des embouteillages de Phuket?

“Les conducteurs sont négligents, égoïstes et peu concernés.”


Êtes-vous parfois tenté de céder au découragement?

“Je ne me suis jamais découragé, mais je voudrais que les gens comprennent à quel point nous travaillons dur et que nous devons aussi parfois gérer les émotions de la famille et des proches des victimes au moment de nos interventions. Mais nous continuons à aimer notre travail, même si nous ne savons jamais à quoi nous attendre. Quoi qu’il en soit, nous sommes fiers de sauver des vies humaines et nous en obtenons plus de mérite qu’en allant au temple.”


Accordez-vous du temps à votre famille?

“Les femmes doivent faire des efforts pour comprendre leur mari et leur travail de secouriste, qui n’a rien à voir avec d’autres métiers. Comme nous devons être disponibles 24h/24 et que nous ne savons jamais quand nous allons être appelés, ça ne laisse que très peu de place pour la famille.
Il est important de reconnaître le travail des sauveteurs et de les soutenir dans leurs efforts et dans leur sacrifice pour le public. Cela nous réchauffe le cœur et nous donne la force de gérer les cas difficiles. C’est important pour nous de savoir que des personnes s’engagent à nous aider dans tous les cas difficiles et s’impliquent avec nous à Phuket.”


Textes & photos Caroline Laleta Ballini © Le Paris Phuket

17-06-2013

 

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