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Le Siamois, Canard de Phuket: informations en français pour les Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui aiment Phuket, la Thaïlande et la culture asiatique en général.

Vous y trouverez des informations en français sur l'ambiance de Phuket, sur la mentalité des francophones qui y vivent, sur les manifestations culturelles, les bons plans, les expériences personnelles des Français, Belges, Suisses, Québecois et autres francophones qui ont tenté l'aventure de Phuket.

Le Siamois, Canard de Phuket, est ouvert à tous ceux et toutes celles qui ont une expérience à partager: touriste, expatrié, coureur d'aventures, pilier de comptoir, femme d'affaire, planteur, plongeur et j'en oublie: tous ces récits, positifs ou non, contribueront à vous donner une idée de la manière dont la vie suit son cours par ici.

Que vous vous intéressiez plus particulièrement à une zone de Phuket - Patong, Kata, Karon, Chalong, Rawai, Nai Harn, Thalang, Cherng Talay, Kamala, Surin, Bang Tao, Nay Yang, Kalim, Ao Makham ou Phuket City - des informations sur ces communautés sont évoquées au fil des différents articles qui nous parviennent: vie de tous les jours, marchés, plongée, femmes, aventures, affaires, bons plans, adresses utiles, carte de l'île, liens vers d'autres sites, restaurants, hôtels, bars, Immigration, Police, Consulats et Ambassades, petites annonces, fêtes, histoire, courrier des lecteurs... Ces différentes rubriques vous offrent les informations en français qui vous permettront peut-être de bien débuter votre nouvelle vie ou préparer vos prochaines vacances dans le paradis tropical de Phuket, bercé par les vagues de la Mer d'Andaman.

Trop peu d'informations en français sur Phuket figurent sur le web. C'est la raison pour laquelle Le Siamois, Canard de Phuket, est né. Dès lors, si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous contacter.

P.v.K.

Société

Libre comme un poisson dans l'eau

Libre comme un poisson dans l Epinglée par les Etats-Unis et les Nations Unies, la Thaïlande chercherait-elle à redorer son image?

Le 13 juin 2012, l’équivalent thaïlandais du FBI a perquisitionné à bord de deux chalutiers ancrés dans le port de Saem San, non loin de Bangkok, et secouru onze Birmans asservis depuis sept mois, raconte le webzine birman The Irrawaddy. Chacun d’eux avait été acheté 8.000 bahts (200 euros environ) à des intermédiaires. “Ils ont ensuite été contraints de travailler sans être payés”, indique Sompong Sakaew, directeur de l’ONG Labor Rights Protection Network.


D'après Le Courrier International




La bonne pêche

Avec 45 kg par an et par personne, les Siamois sont de gros consommateurs de produits de la mer. Plus de 30 % de leurs apports en protéines animales viennent du poisson (10 % en France) et la Thaïlande est le 9ème producteur mondial, se dressant même au troisième rang des pays exportateurs, derrière la Chine et la Norvège. Au total, la pêche et ses activités annexes concernent ici plus de 535.000 personnes.

Mer nourricière

La production de poisson constitue donc un secteur clef de l’économie en Thaïlande. Son littoral représente environ 2.600 km; les zones de pêche du golfe de Thaïlande et de la mer d’Andaman couvrent 316.000 km2; 3.750 km2 d’eaux intérieures produisent des poissons d’eau douce.
La grosse majorité des prélèvements concernent les poissons dont une part est consommable et le reste transformé en farine. Les céphalopodes (calmars, seiches, etc...) représentent 6 % de l’exploitation, les crevettes 3 %. On estime que 40 % de l’activité de pêche en mer se déroule dans le golfe de Thaïlande, 20 % dans la mer d’Andaman et 40 % hors des eaux territoriales. Des campagnes sont organisées par les flottilles thaïlandaises dans les eaux du Bangladesh, du Cambodge, de l’Indonésie, de Madagascar, de la Malaisie, du Myanmar ou de la Somalie et des accords de coopération sur la pêche ont été pris avec les pays concernés. La Thaïlande exporte environ les 2/3 de sa production, essentiellement au Japon, aux États-Unis et en Europe.

Une flotte surdimensionnée?
La production totale du pays avoisine les 4 millions de tonnes par an (618.000 tonnes en France) et on compte environ 58.000 bateaux de pêche en Thaïlande (France: 8.000). Les grosses unités de pêche utilisent les techniques classiques comme le chalutage, avec un filet en forme de poche-entonnoir que l’on tire sur le fond des mers, mais il existe également un chalutage pélagique (moins courant).

Les chalutiers thaïlandais sont souvent équipés de grandes perches impressionnantes, qu’ils utilisent pour remonter les filets. La fréquence des chalutages et la petitesse des mailles ramènent un taux important de poissons juvéniles, impropres à la consommation courante, qui terminent en farine animalière ou en Nam Pla (sauce au poisson). Pour le poisson pélagique, les bateaux emploient souvent le système des sennes: ils déroulent un filet plat à la verticale, puis en rejoignent les deux extrémités par un système de coulisse. La senne encercle et emprisonne ainsi les bancs de sardines, d’anchois ou de maquereaux.
Pour aller chercher les soles, langoustes ou rougets au fond, les Thaïs utilisent un trémail, c’est-à-dire un filet souvent formé de plusieurs couches dans les mailles duquel les proies s’emmêlent et restent prisonnières.
Ici on possède la culture de la turlutte et de nombreux pièges en bambous sont dressés au milieu de l’océan. Il s’agit là d’un savoir-faire purement localisé à l’Asie, tout comme toutes sortes de pièges côtiers. La pose de casiers est fréquente, comme la pêche à la palangrotte ou à la ligne et les petits flotteurs que vous apercevez en vous baladant sur l’eau sont l’œuvre des pêcheurs locaux qui posent des filets verticaux, plus ou moins immergés mais non dérivants.

Une flotte innombrable de petites embarcations contribue également à la pêche côtière et artisanale. Ce sont les long tails, bateaux typiques du paysage thaïlandais. Ils ont une importance moindre sur le tonnage et la production globale de la pêche mais jouent un rôle économique local important car bon nombre de familles subsistent actuellement grâce à eux.

Enfin, reste la plus spectaculaire des pêches, celle qui enflamme notre horizon toutes les nuits: la pêche au lamparo. Durant des mois, les bateaux illuminent le fond des mers de leur surpuissants projecteurs, attirant ainsi l’inépuisable ressource des bancs de calamars. C’est le grand miroir aux alouettes marin. Ces bateaux bougent peu et à la bonne saison les pêches sont rudes et interminables. Des bateaux chargés de glace viennent vider les soutes des grands lamparos et livrent les marchés portuaires.

Vers l'aquaculture
La distribution du poisson est organisée par un marché central de la région de Bangkok, un système comparable à celui qui a été mis en place en France avec Rungis. Bien entendu la majeur partie des pêches part à l’exportation, pas toujours sous forme de frais mais souvent congelé ou transformé (conserves). D’ailleurs, il est étonnant d’apprendre que la Thaïlande importe aussi une grande quantité de poisson, en particulier du thon. Ces importations alimentent les usines de mise en boîtes et la Thaïlande reste excédentaire sur ses exportations de produits de la mer. Si vous vous promenez sur les quais du port de pêche de Phuket, vous remarquerez la myriade de camions frigorifiques prêts à partir pour Bangkok. Bien entendu, les marchés locaux sont approvisionnés directement, par la grande pêche comme par la petite pêche artisanale locale.

Si vous êtes amateurs de nos petits marchés thaïlandais, vous avez dû remarquer que les poissonniers se cantonnent la plupart du temps à la vente d’un type de poisson particulier. Ainsi, vous ne trouverez pas au même endroit les étals de poissons bleus (maquereaux, bonites, thons, sardines, anchois, tasards...) qui sont des pélagiques et les étals de poissons blancs (mérous, soles, rougets...) qui sont des démersales. Sont également séparés les vendeurs de crevettes, de céphalopodes, de coquillages et de produits d’eaux douces.

Mais dans les poissonneries l’inquiétude gagne car la surpêche et les problèmes climatiques ou liés à la pollution épuisent désormais les ressources et les taux de capture fléchissent. En 1961, on pêchait 300 kg de poisson à l’heure, en 1976 : 71 kg/h et en 1986 nous en étions à 51,15 kg/h. Pour compenser cette réduction de la pêche et pour préserver la sécurité alimentaire, la Thaïlande a mis en place de larges programmes d’aquaculture. L’élevage intensif, en cage ou en étang, s’est développé et la Thaïlande est devenue un géant mondial de la crevetticulture. Les fermes aquacoles en eaux saumâtres sont légions dans les provinces de Songkhla, Pattani et Phang Nga, et on voit se développer des espèces nouvelles: poissons chats, Tilapia du Nil ou barbeau de Java en eaux douces; crevettes géantes tigrées, mérou de Malabar et perche Baramundi en eaux saumâtres.

Par ailleurs, la législation sur la pêche se précise. Dans le passé, avant la promulgation de la loi sur les pêches de 1947, pêcher dans une zone de sanctuaire, près d’un temple ou d’un lieu de culte était interdit. La loi interdisait la pêche en période d’inondation et pendant la saison du frai. Désormais les règles sont plus restrictives et plus complexes et se rapprochent de la législation mondiale préconisée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation).

Lexique:
Benthos : ensemble des organismes aquatiques vivant au fond des mers: oursins, étoiles de mer…
Pélagos: ensemble des organismes aquatiques vivant dans la tranche supérieure, du fond à la surface des mers : planctons, necton…
Démersale: poisson vivant au fond des mers, se nourrit du benthos.
Pélagique: poisson vivant dans les colonnes d’eau supérieures en pleine mer et se nourrissant entre autre de plancton.


D'après Yolaine Klein, Le Paris Phuket



L’enfer en haute mer


“Il y a quelques années, j’ai vu un équipage entier se faire tuer”, raconte Da, un marin pêcheur thaïlandais, interrogé dans le cadre de l’enquête du Global Post. “Ils étaient quatorze. Ça faisait cinq ans qu’ils étaient en mer sans avoir touché le moindre salaire. Le patron ne voulait pas les payer. Il les a alignés sur le pont et les a abattus l’un après l’autre.”

Dans les années 1980, l’industrie de la pêche en Thaïlande employait essentiellement des Thaïlandais. Mais, avec l’élévation du niveau de vie, beaucoup ont déserté ces emplois mal payés et éprouvants. Les patrons de pêche ont commencé à faire appel à de la main-d’œuvre étrangère. La Birmanie et le Cambodge voisins regorgent de candidats, alléchés par les promesses d’emplois bien payés. Si ces proies faciles viennent à manquer, les recruteurs thaïlandais font appel à des gros bras ou à des repris de justice pour en kidnapper d’autres, comme le montre une enquête de la Mirror Foundation, une ONG locale qui combat le trafic d’êtres humains. Menaces par armes à feu, drogue dans des boissons ou chloroforme, tous les moyens sont bons pour alimenter en bras un secteur jamais rassasié.
Une fois à bord, une journée type compte dix-huit à vingt heures de travail. Le sommeil, accordé sur un coin du pont tremblant sous les vibrations des moteurs, n’est autorisé que lorsque les filets ont été dénoués, réparés et préparés pour être utilisés à nouveau. La nourriture est rudimentaire et les carences multiples. “La malnutrition et la déshydratation transforment les hommes en zombies”, écrit le Global Post. Entrés clandestinement sur le sol thaïlandais, ces Cambodgiens ou Birmans n’ont aucun droit. Chercher de l’aide est impossible pendant les longs mois passés en haute mer. Réduits à l’état de simples marchandises, ils sont revendus à d’autres patrons de pêche, parfois sans même poser le pied sur la terre ferme pendant des années.

Pour fuir cet enfer, l’évasion est la seule solution. Nombre de ces esclaves s’y hasardent lors d’une escale ou à l’approche d’une côte. Mais la liberté est encore loin. Ils se retrouvent sur une terre inconnue, sans papiers, sans pouvoir communiquer, exposés une nouvelle fois aux trafiquants. Et pourtant, à l’image de Sanh, beaucoup refusent de rentrer chez eux. “Rentrer à la maison? Pour quoi faire? demande le Birman. Je suis venu faire de l’argent. C’était le seul objectif.”

La Thaïlande est le onzième fournisseur de la France pour les produits de la mer, avec près de 29.500 tonnes en 2010, soit plus de 117 millions d’euros, selon les statistiques de FranceAgriMer. Les crevettes représentent la moitié de ces importations, suivies par le thon (20 %) et les autres “poissons filetés” (16 %). Le premier fournisseur est la Norvège, avec 122.500 tonnes, soit 594 millions d’euros.



D'après Le Courrier International


Des équipages d’esclaves sur les chalutiers thaïlandais

Des patrons de pêche s’arrogent en toute impunité le droit de vie et de mort sur leur équipage. A leur insu, les consommateurs occidentaux sont complices du système.

De Samut Sakhon (Thaïlande) et Prey Veng (Cambodge)

Dans la plaine du Cambodge brûlée par le soleil, où la poussière pique les yeux et bouche les pores de la peau, se dresse une minuscule habitation bâtie sur des pilotis en ciment. Elle abrite trois générations d’esclaves en fuite. Le chef de famille, Sokha (un pseudonyme), est de retour depuis peu, après deux ans de captivité. La maison est dans le même état que lorsqu’il l’a quittée: vide, avec quelques oreillers sales en guise de meubles. Des rais de lumière filtrent à travers les fissures des murs. Le bien le plus précieux de la famille, une truie, se dandine en grognant sous le plancher surélevé. Jusqu’à son évasion, en décembre dernier, Sokha était la propriété d’un capitaine de chalutier de haute mer. Ce Cambodgien de 39 ans, son jeune fils et deux de ses neveux avaient chacun été achetés pour environ 650 dollars (520 euros) via des intermédiaires leur ayant promis un travail au noir dans une conserverie de poissons. La conserverie n’existait pas. Introduits clandestinement en Thaïlande, les quatre Cambodgiens ont été embarqués sur un bateau en bois qui a pris le large sur une mer de non-droit. L’oncle de Sokha était tombé dans le même piège cinq ans plus tôt. Il avait réussi à s’échapper et avait mis en garde sa famille. En vain. Sokha a persuadé son fils, alors âgé de 16 ans, que, cette fois, l’aventure tournerait différemment. Bien entendu, il se trompait.
“Nous étions contraints de travailler à l’œil et sans arrêt pendant parfois deux ou trois jours d’affilée, malgré le mal de mer et les vomissements, se souvient-il. Nous obéissions au doigt et à l’œil au capitaine.” Un capitaine qui proférait des menaces de mort pour maintenir son emprise sur l’équipage et n’hésitait pas à sortir son pistolet K-54 datant de la guerre du Vietnam. Une nuit, il a tailladé le visage de l’un des esclaves sous les yeux de l’équipage. “Vingt heures par jour, nous étions forcés de pêcher et de trier ce que nous remontions : maquereaux, crabes, calmars, poursuit Sokha. Mais le poisson n’était pas pour nous.”

Un marché axé sur l’exportation
A qui était-il donc destiné ? La réponse devrait faire tomber des nues tous ceux qui observent de près l’industrie de la pêche en Thaïlande, secteur générant plusieurs milliards de dollars. “C’est un marché axé sur l’exportation. Et nous savons vers quels pays ces produits partent”, indique Lisa Rende Taylor, du Projet interagences des Nations unies sur le trafic d’êtres humains (Uniap). “Il suffit de faire le calcul.”

La Thaïlande est le deuxième fournisseur de produits de la mer des Etats-Unis, avec une part de marché de 16 % de ses importations. En 2011, selon la Direction américaine des pêches maritimes, la Thaïlande a exporté 375.000 tonnes de poissons et de fruits de mer aux Etats-Unis pour une valeur dépassant 2,5 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros). Seul le Japon en consomme davantage.

En cette ère de mondialisation, les Etats-Unis apparaissent de plus en plus sensibilisés aux mauvais traitements subis par les pauvres qui, à l’étranger, les approvisionnent en produits de consommation. Il suffit de voir le succès remporté par le commerce équitable, l’indignation suscitée par les “diamants de sang” (qui financent des guerres en Afrique) et, plus récemment, le tollé provoqué par les conditions de travail inhumaines qui règnent chez les sous-traitants chinois d’entreprises comme Apple.

Mais l’assemblage des iPad est une sinécure comparé à l’esclavage pratiqué sur les chalutiers thaïlandais. Là, les conditions de travail sont aussi dures et exténuantes que dans les plantations américaines au XIXe siècle. Les plus chanceux parviennent à s’évader au bout d’un an ou deux. Les autres sont revendus encore et encore. Quand ils ne sont pas assassinés.

Il est de plus en plus difficile de nier que les gros importateurs des produits de la mer thaïlandais – Japon, Etats-Unis, Chine et Union Européenne – profitent, de fait, du travail forcé. Les témoignages d’anciens esclaves, d’associations de pêcheurs thaïlandaises, de fonctionnaires, d’exportateurs et de travailleurs sociaux recueillis par le Global Post au cours d’une enquête de trois mois ont levé le voile sur une chaîne logistique qui repose sur l’esclavage. La complexité du réseau de chalutiers, bateaux-mères et grossistes indépendants contribue à masquer l’origine du poisson pêché par les esclaves bien avant que celui-ci ne soit débarqué à terre. C’est ainsi que nombre de patrons d’usines thaïlandaises ignorent par qui a été pêché le poisson qu’ils transforment avant de l’exporter.

Le propos doit toutefois être nuancé. Les deux principaux produits de la mer exportés aux Etats-Unis – le thon et la crevette – ont des origines différentes. La majeure partie du thon “thaï” est en réalité importée et transformée avant d’être réexportée. Et, si l’industrie de la crevette est souvent accusée d’exploiter des immigrés démunis, les fermes aquacoles font au moins l’objet de contrôles impromptus.

On ne peut pas en dire autant des chalutiers hauturiers, où l’esclavage est le plus répandu. Les principales prises – légales ou non – des chalutiers thaïlandais sont la sardine, le maquereau, la seiche, le calmar, l’anchois et les poissons de rebut, qui sont transformés en nourriture pour animaux ou entrent dans la composition de la sauce de poisson. Les Américains en consomment une énorme quantité. Selon les chiffres du gouvernement américain, 20 % du volume des importations américaines de maquereaux et de sardines proviennent de Thaïlande. La proportion atteint 33 % pour les boulettes, les pâtés et les croquettes préparés avec les poissons de rebut. Et la sauce de poisson thaïlandaise inonde 80 % du marché américain. Mais les représentants de l’industrie en Thaïlande admettent qu’il est généralement impossible de dire si tel poisson ou produit à base de poisson est le fruit du travail forcé ou pas.

Traçabilité limitée


Selon Arthon Piboonthanapatana, secrétaire général de l’Association thaïlandaise des aliments surgelés, les codes-barres permettent aux consommateurs américains “de remonter jusqu’aux usines de transformation”. Mais il n’appartient pas aux exportateurs de surveiller les groupes qui les approvisionnent. “Nous sommes seulement habilités à contrôler nos membres; nous n’avons aucun pouvoir sur les autres intervenants, comme les bateaux ou les pêcheurs.”

Les importateurs américains s’estiment tout aussi impuissants à surveiller des bateaux thaïlandais qui évoluent dans des eaux si lointaines: “Les organismes occidentaux de régulation ont peu ou pas d’influence, ni d’autorité, sur les différents maillons de la chaîne”, fait observer Gavin Gibbons, porte-parole de l’Institut national de l’industrie de la pêche, principale organisation professionnelle du secteur aux Etats-Unis. L’Institut réagira sans tarder si des usines sont nommément mises en cause, assure-t-il. Mais, jusqu’ici, il n’a pas trouvé de moyens efficaces pour contrôler les conditions de travail sur les navires hauturiers qui capturent du poisson destiné aux Etats-Unis. “Nous avons entamé des discussions avec nos membres pour savoir jusqu’où un audit pouvait aller et s’il était possible d’en faire sur les quais, poursuit M. Gibbons. Les bateaux sont faits, par définition, pour être en mer”, et cela complique les tentatives de l’industrie en vue de s’autoréglementer.

En attendant, les pressions internationales sur l’industrie thaïlandaise de la pêche s’intensifient. Dans le classement du département d’Etat américain sur le trafic des êtres humains, la Thaïlande arrive à l’avant-dernier rang et elle pourrait être encore rétrogradée cet été. L’an dernier, au cours d’une visite qui a contrarié les autorités de Bangkok, un rapporteur des Nations Unies a déclaré que le travail forcé était “notoirement courant” dans le secteur de la pêche thaïlandais et a même évoqué des complicités policières.

“Ce n’est pas comme surveiller des maisons de passe, des plantations ou des usines. […] Tout se déroule en mer”, souligne Lisa Rende Taylor, de l’Uniap. “C’est un univers où les capitaines sont rois. Certains d’entre eux sont là pour gagner le plus d’argent possible en exploitant ces pauvres types vingt-quatre heures sur vingt-quatre aussi cruellement qu’ils le veulent."


D'après Patrick Winn, Global Post

23-06-2013

 

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